seraphin17 — 2008-03-23 18:40:19

Mon grand-père, Séraphin Compère originaire de l’Ile d’Oléron est né en 1885.
Son premier embarquement en 1889 à l’age de 14 ans le conduit naturellement à exercer le rude métier de marin jusqu’à la fin de sa carrière.
L’époque des grands voiliers Cap-horniers, la mutation de la marine marchande à voile, les deux grandes guerres mondiales sont sans conteste des environnements de travail qui ont marqués plusieurs générations de marins.
Séraphin a traversé toute cette période au service de sa profession et par la force des choses de façon atypique.
Lorsque je me suis retrouvé, avec pour seuls documents en mains, ses deux livrets maritimes, je n’ai eu qu’une envie, tenter de retracer son parcours.
Dans un premier temps, je ne disposais ni de témoignage écrit ou oral de sa part, peu de souvenir (sur son activité professionnelle) de la part de la famille et surtout aucune source ou piste pour orienter mes recherches.
Au fil de ces six dernières années, j’ai pu tisser une toile (presque complète) grâce à l’obligeance d’un certains nombre  de personnes (citées en fin d’ouvrage) à des recherches dans différentes archives maritimes et administratives, à la lecture de nombreux livres, articles et revues spécialisées me permettant de mettre au jour des documents relatifs à l’activité de mon grand-père constituant ainsi le fond documentaire de la vie professionnelle de Séraphin Compère.

Voici en quelques phrases ce que j’ai particulièrement admiré dans le parcours de ce marin.
•    Né en 1885 de famille (très) modeste, il obtient son certificat d’étude à 14 ans
•    à 17 ans et demi il embarque coup sur coup pour 2 voyages au long court sur les grands voiliers cap-hornier destination le Chili.
•    Il obtient son diplôme de patron au bornage juste avant la première guerre mondiale
•    Bien que réformé il embarque sur des navires réquisitionnés pour les transports de troupe de l’armée d’Orient.
•    Il est très souvent cité comme un homme honnête, d’une conduite exemplaire et recommandable, excellent marin
•    Il servira sa compagnie insulaire bien au-delà de son service actif avec un comportement remarquable lors de l’occupation allemande sur l’île d’Oléron.

Il est évident qu’à l’origine, cet ouvrage est avant tout destiné aux descendants de mon grand-père, c’est pour cette raison qu’il est largement complété par des descriptions de navires, compagnies maritimes et autres faits historiques.
L’inscription au concours du Chasse-marée est venue après  le commencement de mes recherches.
, Par cette présentation, je recherche des personnes qui ont également travaillées sur de telles recherches et qui comptent s'inscrire à ce concours.Je ne pourrai pas être présent à Brest pour des raisons professionnelles et un regroupement avec d'autres participants est peut-être possible.

franck — 2008-03-24 11:19:55

Dans les greniers de notre maison familiale, j'ai retrouvé d'anciens diplômes de mon grand-père qui s'est distingué deux fois pour le sauvetage périlleux des équipages du vapeur norvégien  "Morild I" et du 3 mâts français "la Pérouse"en 1917 sur la barre des Genets à Hourtin en Gironde.
De fil en aiguille, j'ai réussi à retracer toute sa carrière maritime.
Notamment avec l'aide de la SNSM Paris qui m'a envoyé le rapport de l'époque transmis au directeur des Douanes de Bordeaux, puis par le biais de l'ambassade de Norvège et du Musée maritime de Oslo, j'ai obtenu le journal de navigation du vapeur (avec des photos d'époque) qui lors de son voyage de Oporto à destination de Cardiff avec un chargement de poteaux de mine s'est fait coulé par un sous marin allemand.
Puis quelques renseignements et photos sur le 3 mâts "la Peyrouse" de la société générale d'armement de Nantes.
Ce navire s'échouait par vent d'Ouest et forte mer à 10 kms du poste des genêts.
L'échouement dû certainement à la confusion qu'on fit à bord des feux de Hourtin et de la Coubre.
Tous ces rapports ainsi que les divers embarquements de mon grand-père qui termina capitaine de remorqueur à Bordeaux, puis par la suite ceux de mon père ont été consignés sous forme de journal de navigation avec textes photos, caractéristiques des navires etc... cela permettant à l'ensemble de notre famille de connaître notre histoire.
Travail intéressant mais long et fastidieux.
Beaucoup de remerciements aux divers services historiques de la marine et des armées ( Vincennes et Rochefort )

melinda — 2008-03-31 15:46:20

Bonjour Séraphin17,

Dans votre message, vous mentionnez que votre grand-père a obtenu son diplôme de patron au bornage juste avant la première guerre mondiale, en quoi consistait ce travail?

seraphin17 — 2008-03-31 23:49:19

Bonjour Melinda,

Le diplôme de patron au bornage se situe après de celui au cabotage. En fait il s'agit d'une capacité à commander de petits navires de commerce ou de passagers sur de petites distances. c'est à dire entre deux points d'une même côte.
En ce qui concerne mon grand-père les trajets qu'il effectuait était le plus souvent entre le continent et l'ile d'Oléron, et de temps à autres il se rendait  également à La Rochelle ou St Nazaire.Bien sûr on est loin du prestige du commandant au long court mais à l'époque c'était déjà un bon métier.

melinda — 2008-04-01 09:26:53

Bonjour,

Pouvez-vous expliquer pour les personnes novices que signifie le cabotage?

seraphin17 — 2008-04-01 23:10:53

Bonjour,
Le cabotage est une navigation côtière entre deux points d'une même côte ou d'un même pays.Par exemple entre un port et un autre en suivant la côte, pour le transport de passagers ou de materiels. il s'agit d'une navigation à vue (puisque les côtes sont en principe toujours visibles) contrairement à la navigation hauturière qui nécessite une instrumentation pour faire le point précis de la position du navire.
Ceci n'enlève rien à  la capacité des commandant de bord qui font du cabotage, ils ont très souvent des connaissances qui leur permettent de naviguer aux instruments et sont parfaitement capable de faire un point.
Voila j'espère avoir répondu à votre question.
Il faut savoir également qu'en pratique la barrière entre les différents types de navigation étaient souvent franchies à l'époque de mon grand-père celui-ci à souvent éffectué des trajets bien au delà des limites côtières.