Printemps 2000, l'André Blondel a pour mission de poser une nouvelle bouée en extérieur du chenal de Saintonge face au petit port de Mortagne. Cette balise délimitera une ancienne jetée écroulée, immergée à la pleine mer et présentant un danger pour la navigation.
Le baliseur à quai au Verdon; petit port administratif à l'embouchure de la Gironde face à Royan
Des blocs de 5 tonnes ont été embarqués ainsi que des chaînes de mouillage pour préparer l'armement de la bouée.
La bouée est embarquée; c'est une nouvelle génération; les anciennes étaient métalliques et surdimensionnées.
On peut voir sur la queue des anodes permettant d'éviter l'électrolyse.
Deux panneaux solaires de part et d'autre du pylône permettent de charger des batteries situées dans la corbeille; à la tombée de la nuit une cellule photoélectrique déclenche le feux ( ici 9 éclats blancs ).
Jusqu'en 1989 il y avait encore des bouées métalliques dont le corps était rempli de gaz propane; le feux fonctionnait à l'aide d'une électro-vanne et d'un brûleur style camping gaz. Le baliseur faisait la tournée durant l'été pour les alimenter en gaz.
Le "Blondel" fait route vers l'amont; une dizaine de milles à parcourir, ( nous passons le long de l'épave du "Mexique" ) petit coefficient de 45, le flot nous aidant à atteindre une vitesse de 11 noeuds.
L'équipage prépare l'armement de la bouée; ce sera 50 mètres de chaînes de diamètre 30 ( 2 X 25 mètres ) séparées par un émerillon et deux manilles à goupilles. En principe on compte trois fois le fond pour avoir la longueur, mais parfois jusqu'à 5 fois au large en pleine mer suivant la hauteur de houle, le lieux etc...
A environ 300 mètres du la position définie, le navire se place de bout au courant à la houle ou au vent suivant les conditions; à ce moment là nous nous équilibrons à une vitesse d'environ 2 noeuds.
On aperçoit la chaîne frappée au cul de la bouée par une manille d'étalingure, puis étendue en plis sur le pont et retenue par quelques brins de torons. Le bloc quant à lui est débordé et placé à fleur d'eau à l'aide de la grue; il est maintenu par une bosse cassante au gros croc.
En principe, quant on peut et que les conditions s'y prêtent le largage des 5 tonnes s'effectue selon un décompte enregistré tous les 50 mètres, transmis par l'officier aux commandes des moteurs, de la passerelle au pont, grâce aux indications fournies par la cartographie électronique.
Il y a des années les points étaient obtenus à l'aide d'arcs capables et d'alignements tracés sur des calques, puis vint le Decca, le Toran, le Sylédis et enfin maintenant le GPS.
Quelques mètres avant "Larguez tout"; le bosco coupe la bosse et le bloc s'en va rejoindre le fond entraînant avec lui les 50 mètres de chaînes qui cassent au fur et à mesure les brins de torons la retenant sur le pont.
Débordement de la bouée à l'aide de la grue.
Mise à l'eau.
Largage de l'élingue de queue de bouée, pour la positionner verticalement.
Les derniers bouts de retenue de la bouée sont coupés; elle est maintenant juste bridée le long du bord par une petite aussière.
Le bosco fait signe à la passerelle de s'écarter.
L'opération est terminée. Route aval.
Il est à noter que les conditions décrites ci-dessus sont idéales.
En mer lorsqu'il y a de la houle, que les mouillages s'étendent jusqu'à 110 mètres, que les courants sont plus importants etc... les poids suspendus sont un danger permanent pour l'équipage; il faut avoir l'oeil et être très vigilant; la moindre erreur ne pardonne pas.
La photo du dessous montre un marin qui a été déposé sur une des bouées du plateau de "Rochebonne", au Sud de l' île d'Yeu pour en dépanner le feu.
Embarquer une telle bouée à bord est une opération beaucoup plus dangereuse!!!![]()
Hors ligne
Bonjour Franck,
merci pour ce reportage en images très intéressant!
Hors ligne
Pages: 1